AVANTAGES
Avantages de la culture sur billons
1. Améliore le contrôle mécanique des mauvaises herbes
2. La température du sol est plus élevée dans le billon
3. Permet un meilleur drainage tout en conservant l’humidité par capillarité
4. Réduit l’érosion hydrique et éolienne
5. Améliore la structure du sol (réduit la compaction)
6. Augmente la fertilité du sol
7. Permet d’augmenter les rendements et de réduire les coûts
8. Favorise la réduction ou l’abandon complet des herbicides facilitant ainsi la transition vers la régie biologique
9. Permet de réduire la quantité de fertilisants
10. Comporte des bénéfices environnementaux substantiels au niveau de l’eau, du sol et de l’air
1. Améliore le contrôle mécanique des mauvaises herbes
D’après certaines études effectuées par l’Université du Nébraska-Lincoln, cette méthode permet de réduire d’environ 80% la quantité de mauvaises herbes sur le rang décapé comparativement à un système sur paillis. En effet, les mauvaises herbes situées sur les billons sont envoyées dans les entre-rangs lors du décapage tandis que celles situées dans l’entre-rang sont automatiquement détruites ou ensevelies. Cela a pour effet de retarder leur croissance et ce décalage de la germination des mauvaises herbes permet à la culture principale de prendre toute sa place.
En plus, la présence de résidus dans l’entre-rang forme un paillis, retardant de ce fait la germination des mauvaises herbes.
2. La température du sol est plus élevée dans le billon (Voir photo)
La température du billon est supérieure à celle de l’entre-rang puisque le billon n’est pas saturé d’eau. Par ailleurs, les résidus provenant de la culture de l’année précédente se retrouvent entre les billons, permettant à ces derniers de se réchauffer plus tôt au printemps et favorisant une plus grande exposition au soleil.
3. Permet un meilleur drainage tout en conservant l’humidité par capillarité
La forme des billons permet l’assèchement du sol, particulièrement au niveau de la butte.
On observe normalement un meilleur développement des plantes et une plus grande population de vers de terre. Cela contribue à l’amélioration de la porosité du sol et de la capillarité. Et par conséquent, les plus gros travaux se réalisent dans de meilleures conditions.
Enfin, lorsque la pluie est plus abondante l’élévation des billons permet à la plante et au système racinaire de survivre. De là, l’importance de bien niveler le sol tout en créant une légère pente favorisant l’égouttement de surface dans le sens du billon.
4. Réduction de l’érosion hydrique et éolienne
Il est un fait connu que les résidus laissés en fin de saison protègent les sols contre l’érosion éolienne et hydrique jusqu’à la prochaine saison. En effet, puisque ces résidus sont laissés intacts sur le sol jusqu’à l’ensemencement, ils protègent le sol contre l’impact des pluies ou de la force du vent réduisant les pertes de sol. Par ailleurs, les résidus de maïs servent de brise-vent naturel en pleine largeur. Certaines photos prises l’hiver par les membres permettent de mieux visualiser la réduction importante de l’érosion.
5. Améliore la structure du sol (réduit la compaction)
Il est un fait connu que le travail excessif du sol crée une compaction de ce dernier détruisant de ce fait les agrégats. En effet, on sait que chaque passage détruit les agrégats et enterre les résidus de culture diminuant l’efficacité du contrôle de l’érosion. Le phénomène est le suivant : les particules de sol se serrent les unes contre les autres augmentant la densité du sol et par conséquent réduisent l’aération et l’infiltration de l’eau. Cette compaction a entre autres pour effet de diminuer les rendements, d’augmenter le ruissellement et l’érosion du sol.
La technique de culture sur billon a ceci de particulier et c’est le nombre restreint de passages effectués par la machinerie durant la saison. Cela contribue à réduire la compaction du sol. Par ailleurs, tous les équipements sont conçus pour circuler entre les billons. Ensuite, les travaux s’effectuent en été lorsque le sol est sec. Autrement dit, les travaux comme la confection des billons se réalisent dans de meilleures conditions du sol et toutes ces pratiques contribuent à réduire la compaction.
Le fait de ne pas effectuer de gros travaux du sol comme le labour réduit donc les impacts négatifs. Enfin, la récolte peut s’effectuer dans de meilleures conditions puisque aucune opération subséquente ne doit avoir lieu.
Puisque la structure du sol s’améliore due aux résidus laissés en surface, certains sols moins structurés auraient avantage à employer la culture sur billons.
La pratique de la culture sur billons a un impact positif sur la fertilité des sols et en particulier, si d’autres pratiques agronomiques y sont intégrées tel l’ajout d’intercalaires, d’amendements organiques, la rotation des cultures, etc.
L’activité microbienne qui se retrouve sous les résidus dans l’entre rang participe à la formation d’agrégats stables, expliquant la stabilité structurale supérieure des sols avec culture sur billons (Burgess, et coll, 2000). On avance donc qu’en absence de travail du sol, l’activité biologique prendrait la relève des outils de travail du sol et jouerait le rôle de formation de la structure et de la porosité du sol (Angers et coll., 2001).
7. Permet d’augmenter les rendements et de réduire les coûts (Voir photo)
Les rendements obtenus sont généralement comparables ou supérieurs aux cultures en semis direct et en conventionnel et les coûts sont réduits. C’est pourquoi les producteurs en culture sur billons n’hésitent pas s’inscrire au réseau GR-MAX2 du Québec. Cet organisme effectue un suivi de champs permettant de recueillir des données sur le rendement économique de différentes pratiques de travail réduit du sol et de labour conventionnel. Les conclusions que l’on peut voir sur le graphique en bâtonnets, permettent d’affirmer que la culture sur billons permet de dégager la meilleure marge brute de toutes les pratiques culturales comparées.
La baisse des coûts de production est le principal facteur contribuant à générer des économies substantielles. En effet, le printemps suivant la formation des billons, les semences sont faites sans préparation de sol entraînant une première économie. Par ailleurs, ce type de culture nécessite moins de machinerie et la taille de ces équipements est également réduite. On élimine certains travaux comme le labour et le passage du vibro. Étant donné que plus d’une étape s’effectuent en même temps, on réduit la quantité de travaux et par conséquent cela engendre des économies de temps et de carburant.
D’année en année, la structure du sol va en s’améliorant ce qui permet de réduire les quantités d’intrants nécessaires. Et à la limite, le producteur peut obtenir une prime lorsqu’il choisit d’aller en régie biologique.
8. Favorise la réduction ou l’abandon complet des herbicides facilitant ainsi la transition vers la régie biologique
L’application d’herbicides en bandes est tout à fait appropriée puisque la méthode de culture réduit de façon mécanique les mauvaises herbes à la fois sur le billon et dans l’entre-rang. Une simple application en bande sur le billon permet de réduire d’environ deux tiers les coûts d’herbicides.
Rappelons que les producteurs en régie biologique apprécient cette technique culturale de désherbage mécanique qu’ils trouvent très efficace lorsque utilisée judicieusement.
9. Permet de réduire la quantité de fertilisants
Plusieurs producteurs sur billons ont observé qu’à long terme, la fertilité du sol s’améliore et la quantité de fertilisant nécessaire est réduite.
10. Comporte des bénéfices environnementaux substantiels
Du point de vue environnemental, cette méthode culturale sans labour protège les sols, l’eau et l’air, notamment parce que le sol sert de puits de carbone.
Une étude américaine récente du Centre d’information des technologies de conservation (CTIC) intitulée « Conservation Tillage and Plant Biotechnology : How New Technologies Can Improve the Environement by Reducing the Need to Plow » indique que le nombre d’acres cultivé sans labour a augmenté de 35% depuis l’avènement des récoltes biotech en 1996 totalisant maintenant près de 55 millions d’acres. Ces pratiques de réduction de labourage du sol minimisent la perte de nos précieuses terres arables tout en avantageant les producteurs, la société et la nature. Voici quelques résultats statistiques tirés de cette étude :
• 63% des producteurs (de soya) ayant répondu à cette étude ont mentionné que leur facteur de motivation pour l’adoption de pratiques sans labour depuis 1996 était le choix d’une technologie tolérant les herbicides; Du point de vue environnemental, cette méthode culturale sans labour protège les sols, l’eau et l’air, notamment parce que le sol sert de puits de carbone.
• les pratiques de conservation du sol réduisent l’érosion causée par l’eau et le vent d’environ 1 milliard de tonnes par année, soit une amélioration de 30% depuis le début des années ’80 alors que les pratiques de labour étaient répandues;
• La couche de résidus laissée à la surface du sol, protège ce dernier, prévient l’érosion et augmente la capacité du sol à conserver son humidité;
• La réduction de l’érosion s’est traduit par une diminution de la quantité de sédiments contribuant à polluer l’eau – En 2002 aux Etats-Unis seulement, cette façon de faire a permis d’économiser près de 3,5 milliards de dollars, somme habituellement allouée au traitement des eaux, entreposage, entretien du réseau, navigation, inondation et coûts de récréation en plus de favoriser une eau plus claire, potable et plus abordable pour les consommateurs;
• Avec les méthodes de culture sans labour, les producteurs agricoles ont économisé plus de 1,16 milliard de litres (309 million de gallons) de diesel par année, réduisant d’autant les gaz à effet de serre dont 500 tonnes (1 milliard de livres) de CO2 par année;
• Les méthodes de conservation du sol améliorent drastiquement la qualité de la terre du point de vue de la diversité biologique; la population de vers de terre est de trois à six fois supérieure sur des terres sans labour que sur une terre labourée, et certains animaux dont les cailles peuvent trouver le cinquième de leur nourriture quotidienne sur ces terres contrairement à des terres conventionnelles;
Gaz à effet de serre : La plupart des sols du monde utilisés pour l’agriculture ont été appauvris en matière organique durant les cinquante dernières années en particulier en raison des systèmes conventionnels de labour et de désherbage avant chaque culture, ceci en comparaison avec leur état sous végétation naturelle. Ce déclin général de matière organique dans les sols intensivement cultivés, en particulier aux Etats-Unis et en Europe, a causé des émissions importantes de CO2. Il est toutefois établi que ce processus de dégradation peut être réversible.
Une des façons d’améliorer les quantités de matière organique et par conséquent les quantités de carbone dans les sols, consiste à pratiquer des méthodes de conservation des sols, comme la culture sur billons. D’après une importante étude intitulée « La séquestration du carbone dans le sol pour une meilleure gestion des terres », réalisée en 2002 par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), il a été démontré que la teneur en matière organique peut être rapidement augmentée après un changement de gestion de terres soit une culture sans labour ou avec labour réduit ou encore par la protection de la surface du sol avec une couverture de végétation. Outre la séquestration du carbone, les bénéfices d’un changement de gestion incluent de meilleures récoltes et un accroissement de la sécurité alimentaire en particulier pour les années sèches, des coûts moindres et une meilleure distribution des travaux agricoles avec économie de temps au cours de l’année. À titre d’exemple, en 1998, des chercheurs ont compilé les résultats de 50 expériences à long terme sur le terrain (principalement pour le Canada et les Etats-Unis) et les augmentations du carbone notées lors du passage du labour conventionnel au sans labour, variaient de 10 à 30%.